
Intense et triste semaine à Boston. Les événements de lundi dernier, les deux bombes qui ont explosé pendant le marathon, semblent avoir donné une nouvelle dimension à la ville de Boston. Au fil de ces huit derniers jours, les sentiments ont changé – tristesse et consternation au départ, puis espoir et combativité. J’ai eu l’impression d’être témoin de facettes importantes des Etats-Unis : l’adversité dans l’épreuve, la mise en valeur de héros du quotidien et surtout la forte présence de la communauté – tout le monde se mobilisant pour la ville et les victimes. C’est encore quelque chose de récent, mais voici néanmoins le récit de la semaine passée.
Les beaux jours arrivant, Manu va bientôt commencer une nouvelle activité : la voile. Un bassin a été construit à la fin du 19è siècle à l’embouchure de la Charles River – la rivière qui sépare Boston de Cambridge. C’est le paysage qu’on peut apprécier aujourd’hui depuis l’Esplanade : une large rivière, des berges agréables où il fait bon bouquiner, faire du vélo ou courir. Et au milieu, on peut s’adonner à la voile.
Le marathon de Boston a lieu tous les ans le troisième jeudi du mois d’avril – le jour de Patriots’ Day. C’est un des événements les plus populaires ici à Boston. J’étais contente d’y participer, enfin d’y assister dans le public : tous nos copains bostoniens nous avaient dit à quel point cette journée était fédératrice et “inspiring”, pour parler à la mode américaine. On est allé encourager les coureurs à l’arrivée vers midi. Trois heures plus tard, deux explosions avaient eu lieu sur Boylston Street à quelques mètres de la ligne d’arrivée. C’est un peu comme si une bombe explosait sur les Champs Elysées pendant le marathon de Paris. Heureusement, à ce moment-là, on était sur le carrefour de Kenmore Square pour encourager le peloton. L’agitation s’est emparée de tout le monde, policiers, ambulances, camions de pompiers et hélicoptères, on se demandait ce qui se passait… La course a été arrêtée. On nous a demandé de rentrer chez nous. Ambiance triste et confuse dans les rues.