Monday Morning #91 // Mon bartender est un robot

Ai cocktails

Le soir où un ordinateur a préparé mon cocktail idéal

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Vendredi, 18h30. Je suis épuisée de la semaine, c’était ce genre de semaine avec sorties tous les soirs, festives comme il le faut et qui m’ont sorties de ma torpeur semi-asociale. J’ai une visite le lendemain à 10h où je voudrais arriver fraîche, et je m’apprête à glisser mes pieds dans des mules en moumoute, qui ont obtenu selon Manu le prix de la pire paire de chaussons ever, « des horreurs dignes d’une retraitée en Floride » (achat Target).

Je reçois un message de ma copine C., proposant une soirée cocktails « intelligence artificielle ». Etant en ce moment dans une phase de Yes (ou YAS selon l’humeur), a.k.a. Dire oui à toutes les propositions, même celles qui semblent a priori les plus débiles, je lui dis que je change de chaussures, et que j’arrive. Tout de suite.

On a rendez-vous à 19h à Bow Market, une place de marché à Union square, une sorte de Faneuil Hall – pour ceux qui connaissent Boston – mais version hipster. La salle de cocktails expérimentaux est à l’étage.

On est accueilli par une jeune femme qui, nous dit-elle, joue le rôle de « bouncer » pour la première fois, et elle est toute contente de nous demander nos pièces d’identité pour vérifier qu’on a bien plus de 21 ans. NB : Il faudrait que je sois née après 1997 pour ne pas avoir le droit de boire ce soir-là. C’est bon.

Elle nous remet une fiche à compléter : on a des flacons à sentir, et il faut choisir si on préfère l’un ou l’autre des parfums, ou si aucun des deux ne nous plait. Tout le monde est super concentré et sniffe à tout va. Rendez-vous ensuite sur un site, où on répond à d’autres questions de goûts, comme quelle boisson on préfère pour l’été – iced tea ou lemonade, quelle sorte de cuisine – indienne ou italienne. Les questions ne sont pas adaptatives, tout le monde a les mêmes, ce qui chagrine les spécialistes du cerveau présents ce soir-là.

Et puis on attend, assise autour d’une petite table noire, que la machine concocte le breuvage parfait. Pour patienter, on teste dans des tubes à essai d’autres mélanges. Un DJ, les deux bartenders dans un coin et la fabricante de pop-corn – qui est aussi serveuse pour l’occasion, et l’une des deux créatrices de cette start-up du MIT et de Harvard, dont le but est d’apprendre à un ordinateur à cuisiner.

L’ordinateur ne se trompe jamais, mais l’erreur est humaine

Je suis la première à être servie : mon cocktail mélange de la fraise, du citron, du Tabasco et de la liqueur d’orange. Le tout avec de la vodka comme alcool de base. Je suis un peu déçue : le cocktail est noyé sous la glace pilée. Manu, la serveuse et co-fondatrice (qui sera surprise d’avoir un homonyme autour de la table) m’apporte aussi une petite assiette de pop corn personnalisés… à l’ail. Bof, bof. Les cocktails de chacun arrive, tout est un peu noyé sous l’eau.

Dans quelle(s) aire(s) de nos vies aurions-nous envie d’intelligence artificielle ? Parmi les systèmes de recommandation, Spotify me concocte déjà des playlists adaptées à mes goûts, Netflix a collecté suffisamment de données pour créer des séries qui me correspondent, et quand je dis « me correspondent » je parle pour les personnes de mon genre, mon âge, ma classe sociale, etc. Les analystes de données préparent aussi le futur de la médecine et du droit, des domaines où l’ordinateur aurait un nombre incalculable de cas sous la main et pourrait recouper des données le plus rapidement possible, l’humain-expert n’aurait son jugement à apporter que sur les résultats.

Pour mon cocktail, l’ordinateur a encore quelques progrès à faire. Ou alors, l’humain qui les prépare ? Chacun a donné son feedback, avez-vous aimé, pourriez-vous commander à nouveau ce cocktail, quel tube à essai avez-vous préféré ? J’ai bien aimé la touche de Tabasco dans le mien : c’était assez inattendu, même si mes réponses ont dû concorder vers ce résultat, je ne l’aurais sans doute pas demandé de moi-même dans un bar.

Pour le côté dramatique, j’aurais bien aimé voir un ordinateur qui prépare vraiment le cocktail, d’où sortirait des tuyaux de couleur qui s’enroulent, façon salle de scientifique extravagant, et un breuvage qui sort au goutte à goutte dans une coupe de chimiste, en fumant. Et voilà.

Cocktail
Tiger Mama
South end
Un jardin communautaire du South End
Monadnock 2
Le week-end dernier, en route vers le sommet du Mt Monadnock
South end fleuriste

Vu, lu, entendu
dans le monde merveilleux d’Internet

  • La soirée cocktail-intelligence artificielle était un pop-up, cet article du New York Times élabore sur ces nouvelles façons de faire, éphémères, interactives, et surtout instagramable, dites « d’expérience », et de « pop up »: « what began as a kicky story idea became a masochistic march through voids of meaning. I found myself sleepwalking through them, fantasizing about going to a real museum. Or watching television (…) And yet, the “experience” has emerged as among the defining fads of my generation. There have been New York experiences centered on tea, dreams, eggs, illusions and cereal. Soon the Museum of Pizza, “the world’s first and only immersive art experience celebrating pizza,” will open. »
  • J’ai ri en lisant cet article de Bored Panda : un illustrateur se voit demander constamment des dessins par des lecteurs, gratuitement. Ses réponses sont super drôles. Je le comprends à fond… on a tendance parfois à me confondre avec un agent de voyage, un avocat en immigration ou une agence de relocation pour freelance… I’m happy to help, mais pas à n’importe quelle condition. Internet n’est pas synonyme de gratuit.
  • Je continue d’écouter le podcast Wine and Crime dont j’ai parlé dans le dernier Monday Morning, cette semaine, j’ai écouté en pointillés l’épisode Catfish
  • Vous êtes sur Facebook ? J’ai réanimé deux pages : celle de Boston le nez en l’air et celle du blog Blog de Mathilde si vous voulez rejoindre la conversation !

Bon début de semaine, et bon début du mois d’octobre !

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Mathilde

Mathilde

Rédactrice, grande organisatrice et réseau socialite du Blog de Mathilde. Quand je ne suis pas devant un écran, j'organise des visites guidées de Boston, là où j'ai fondé ma petite entreprise "Boston le nez en l'air". Je suis aussi auteure freelance pour un éditeur de guides de voyage et diverses maisons d'édition qui me confient la lourde tâche de divertir le public via des textes sur le yoga ou des jeux de société. Suivez-moi sur Instagram, Twitter, Facebook ou Pinterest.

4 réflexions au sujet de “Monday Morning #91 // Mon bartender est un robot

  1. Très intrigante cette histoire de cocktails par ordinateur. Comme toi je me dis que ça serait sympa si le cocktail sortait de tuyaux multicolores branchés à un ordinateur ! En attendant je suis un peu old fashioned et je préfère mes cocktails frappés au shaker par un être humain 🙂

    • J’ai bien aimé la soirée, on a passé un bon moment.
      Comme toi malgré tout, je suis contente de commander un cocktail auprès de mes bartenders préférés (yes, pluriel !!)

  2. Sur le trajet du boulot, le Monday Morning est parfait!
    Il manque une petite chose à cette article pour moi… Une photo des lesdits chaussons 🙂 trop intime peut-être ?!
    Bonne semaine =) !

    • J’espère que tu as passé une bonne semaine également.
      Pour les chaussons, je laisse l’imagination faire son travail : imagine de mules en moumoute rose.
      Elles sont très douces !!

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