Monday Morning #74 * Hair Guru

Janvier Hair Guru

Je suis allée voir mon hair guru mercredi dernier.

En vrai, c’est juste un coiffeur, mais hair guru (gourou du cheveu) est plus représentatif de qui est Carl : quelqu’un que j’admire et en qui j’ai confiance, une confiance aveugle : quand l’an dernier il m’a proposé de couper plus court d’un seul côté, je lui ai dit oui, pourquoi pas. Certes, je l’ai maudit pendant toute la période de repousse où j’avais une drôle de touffe sur un seul côté du crâne.

Il me comprend, il sait ce qu’il fait, il ne juge pas, enfin je crois. Quand je lui montre une photo, il s’ajuste aux possibilités et m’explique gentiment pourquoi ce n’est pas entièrement possible de faire pareil. Il a toujours une meilleure idée.

Ça fait des années qu’il veut tout couper. Je lui ai dit let’s do this début janvier, et j’ai remis ça il y a quelques jours.

En gros, il a le don du cheveu, même s’il est chauve. Quand je l’ai vu la première fois, il y a quelques années, avec sa dent en or, sa dégaine de danseur de rave party, je me suis dit : ok, il est cool, mais est-ce qu’il n’est pas trop cool pour moi ? De la même façon que ma préférence pour un prof de sport va à celle.celui qui a une énergie folle, pour un coiffeur, j’aime bien quelqu’un de spécial, qui a un look qui me parle, même s’il est différent du mien. J’ai fait confiance rapidement à Carl, et depuis je ne l’ai pas regretté.

Mon hair guru m’aide dans mon cheminement capillaire, et par la même occasion, il fait aussi un peu office de psy, façon thérapie comportementale. J’entre dans le salon, on se fait un hug, je sais que c’est parti pour une bonne heure de positivité doublé d’un soin attentifQuand j’ai envie de changement, il sait qu’il faut couper. Quand je l’ai évité pendant plus de 11 mois, il savait que je l’avais ignoré délibéremment (et pas seulement parce que la coupe est entre 70 et 100$ + tip) : je l’avais ignoré comme on fait semblant qu’on a 0 problème dans la life ; il avait du pain sur la planche, bilan : du tif à couper.

Il est tout pour une vraie haircut (coupe de cheveux). Je m’étais déjà plainte de ne pas avoir de longs cheveux épais qui tombent en boucle façon Reine de Beauté américaine “ça doit être facile à vivre”. Il m’a répondu en prenant pour exemple une passante avec de longs cheveux : “look at this, look at this, it’s a mop, she has a mop on her head. Everyone needs a haircut, girl”. “Regarde, elle a une serpillère sur la tête, tout le monde doit avoir une coiffure.”

On ne se parle pas beaucoup pourtant pendant la coupe, la faute au sèche-cheveux, pour commencer ; ensuite, il coupe sur cheveux secs, pour voir comment les cheveux vivent, on s’entend parler de nouveau, mais quand on parle, c’est minimaliste et tant mieux ; on cause cheveux, musique, acupuncture ou yoga, et gluten. Surtout cheveux.

La preuve ultime que je l’aime : j’ose lui dire à la fin si ce n’est pas vraiment ce dont j’avais envie, un peu plus court, un peu moins lisse, ce qui est un vrai changement par rapport à d’autres coiffeurs où j’hochais la tête à la fin d’une coupe en maugréant un “oui merci c’est vraiment super”, sans être convaincue du tout.

Il termine en prenant la pose, après un dernier mini-coup de ciseaux : “It’s slick” me dit-il.

Au milieu de l’année dernière, j’ai repéré quelques cheveux blancs sur ma tête. Carl m’a dit que c’était rien, et puis la dernière fois en janvier, il m’a dit que oui, ça y est, on pouvait faire quelque chose “you’re lucky, some people got them at 17”. J’ai demandé à toutes mes copines autour de moi si elles se faisaient des teintures, j’ai découvert que les ¾ le faisaient, même si personne n’en parlait ouvertement. Encore un mystère de la vie de femme dont on ne m’avait pas parlé. J’ai observé toutes les femmes, ou plutôt tous les cheveux de femme dans le métro ou dans la rue : est-ce qu’elle fait une teinture ? est-ce qu’elle devrait s’en faire ? est-ce qu’ai envie de cette chevelure poivre et sel, puis blanche ? J’ai décidé que je n’avais PAS envie de laisser des cheveux blancs. Pas pour moi, pas tout de suite.

Alors mercredi dernier, Carl a dit qu’on se contenterait de faire un camouflage (c’est le mot qui utilise en anglais, avec un petit accent américain).

Oui, hair guru, let’s do that. Un camouflage.

Hair Guru mars

Lu, vu, entendu

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  • Sur le blog jeudi dernier j’ai posté un article sur ma visite à Universal Studios Hollywood
Queer EyeNetflix

Bon début de semaine à tous !

Rédactrice, grande organisatrice et réseau socialite du Blog de Mathilde. Quand je ne suis pas devant un écran, j'organise des visites guidées de Boston, là où j'ai fondé ma petite entreprise "Boston le nez en l'air". Je suis aussi auteure freelance pour un éditeur de guides de voyage et diverses maisons d'édition qui me confient la lourde tâche de divertir le public via des textes sur le yoga ou des jeux de société.

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14 Commentaires

  • Répondre 5 Mar 2018

    Moreau

    Super coupe !!! Pour la couverture des cheveux blancs quand vous commencez c’est sans fin, sauf à s’accepter ainsi, pas facile, mais tellement agréable de retrouver ces vrais cheveux grisonnants , après des années de torture capillaire.

    Toujours enrichissant votre blog.

    • Répondre 5 Mar 2018

      Mathilde

      Désolée de lire que votre expérience ait été une torture, en effet, dans ce cas, aucune raison de le faire !

  • Répondre 5 Mar 2018

    Anne

    Une coupe courte, c’est toujours un signe de « reprise en main » ;-). C’est aussi plus de liberté, bravo!
    Moi aussi, j’ai quelques cheveux blancs, et depuis, je regarde aussi la tête des autres, ce que je ne faisais pas avant. C’est fou quand même!

    • Répondre 7 Mar 2018

      Mathilde

      Merci Anne pour ton message ! ça fait du bien de changer en effet !
      Et oui, je n’avais jamais auparavant fait attention aux cheveux des autres femmes à ce point-là…

  • Répondre 5 Mar 2018

    Céline

    ça te va bien cette coupe courte ! Et pour le mystère des cheveux blancs, tu as raison… personne n’en parle mais tout le monde en a plus ou moins^^ de mon côté, quasi pas selon mon coiffeur, et de toute les façons vu que je fais un balayage… impossible de les détecter 😉

    • Répondre 7 Mar 2018

      Mathilde

      Merci Céline pour ton petit mot, peut-être que la traduction en français de « camouflage » c’est plutôt « balayage » ! Il ne m’a pas fait la teinture full force avec les papiers d’alu

  • Répondre 6 Mar 2018

    baabochon

    Ca te va super bien! J’aime beaucoup!

  • Répondre 7 Mar 2018

    Koti

    Merci pour cet article dans lequel je me retrouve complètement. Premier cheveu blanc à 17 ans, grand « blanchissage »à 24, aujourdhui à 38, ils sont très nombreux. Et je suis très brune. Jai fait des mèches pendant 6 ans et puis jai arrêté car lorsquon a beaucoup de cheveux blancs,les mèches ne suffisent pas. Etant allergique, je ne peux faire de teinture car contrairement aux mèches, la teinture touche les racines. Du coup, je les laisse tels quels et cela me plaît. Ils sont courts et la seule contrainte cest un passage mensuel chez le coiffeur. Car les cheveux blancs demandent un entretien sans faille. Je me suis affranchie des diktats de la mode et de lapparence ( de toute façon, je nai jamais correspondu aux canons de beauté). Le seul bémol: on me donne souvent plus que mon âge. Je crois que le tout est que vous soyez en accord avec vous même et que votre choix vous convienne en tout premier lieu.

    • Répondre 7 Mar 2018

      Mathilde

      Hello Koti, je ne savais pas qu’on pouvait avoir des cheveux blancs aussi jeune ! En tout cas, je suis d’accord avec vous et il n’y a pas de règle absolue. Je me souviens d’une collègue quand je bossais encore à Paris qui avait de sublimes cheveux blancs brillants, elle ne devait pas avoir plus de 40 ans, elle portait toujours un rouge à lèvres bien rouge : c’était canon ! Je me dis pour l’instant que je continue avec ces « camouflages » tant que ça me convient.

  • Répondre 8 Mar 2018

    Hajer

    C’est super d’avoir osé dire oui au changement de coupe radical et ça te va très bien :)
    Moi je me plains toujours de ne pas trouver de coiffeur qui « coiffe » vraiment et de ressortir du salon en ayant claqué 70€ pour presque rien et en même temps si on me proposait d’y aller franco et tout couper je pense que je dirais non , trop peur que ce soit trop court et donc dur à camoufler avec des barrettes haha
    Bref comme toi des fois je fais une grève de coiffeur pendant de longs mois… en attendant de trouver le bon la prochaine fois, je ne désespère 😀

  • Répondre 13 Mar 2018

    marie

    J’ai tellement besoin d’un hair guru…. Je suis du genre à attendre 1 an avant de me pointer chez le coiffeur, de faire la meuf contente à la fin de la coupe et de rentrer chez moi pleurer….

  • C’est sympa cette nouvelle coupe ! :)
    Moi j’ai eu mes premiers cheveux blancs vers 26 ans puis j’ai teint à partir de 30 ans environ. J’ai tenu bon pendant une bonne dizaine d’années (malgré le prix, les allergies aux produits, la contrainte, surtout qu’à la fin je devais faire ma couleur toutes les 3 semaines maxi). Et puis il y a trois ans, j’ai arrêté (le cauchemar : d’abord j’étais bicolore puis tricolore !) mais finalement, à 46 ans, je porte mes cheveux au naturel. Ils sont « poivre & sel » avec beaucoup de sel. On me dit souvent que c’est étonnant par rapport à l’âge de mon visage mais que ça me va bien. Moi je me sens très bien en tout cas !

  • Répondre 20 Mar 2018

    Paula

    Merci pour la crise de fou rire quand j’ai lu « En gros, il a le don du cheveu, même s’il est chauve » hahahahahahahaha !!!

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