Monday Morning #104 // Le point livre

Boston hiver neige velo

Depuis avril 2015, je poste une fois par semaine, le lundi matin, un article sur le blog, un petit édito, des liens, des recos de lectures, de films, de podcasts. Merci d’être toujours au rendez-vous !

Vu et lu : les photos de Graciela Iturbide

Graciela iturbide 1

La femme iguane

L’expo dédiée à l’artiste mexicaine Graciela Iturbide au Museum of Fine Arts de Boston m’a beaucoup plu : 5-6 salles thématiques présentent des photos en noir et blanc de la photographe et les thèmes récurrents qui la passionnent et la tourmentent depuis des années.

J’ai acheté une bande dessinée sur la vie de l’artiste à la boutique du musée – la BD est agréable à lire, assez didactique, je me demande si elle n’est pas faite pour des ados ou des enfants. En tout cas, c’est très beau, les pages alternent entre sa biographie – elle a grandi dans les années 1950 à Mexico City dans une famille aisée – et son oeuvre. Rien ne l’encourageait à devenir artiste, elle a d’abord suivi le schéma traditionnel du mariage et des enfants avant de décider de se lancer dans la photographie. La mort de sa fille Claudia a affecté le reste de sa vie et de son travail.

On trouve des phrases toutes faites mais qui s’appliquent à Graciela « I choose photography over tradition. I become the black sheep in my family. This is how I find my selves. By choosing who I will be. »

La mort, les oiseaux, des peuples spécifiques – on suit l’évolution de son travail par les thèmes qu’elle choisit. Aux pages dessinées sont intercalées quelques photos, toujours en noir et blanc. C’est très beau et touchant.

Photographic, The life of Graciela Iturbide par Isabel Quintero et Zeke Pena
→ Sur le site Boston le nez en l’air, un agenda des choses à voir, à faire, à goûter est posté en début de chaque mois, dont les expos dans les différents musées de Boston

Enfin lu : My brilliant friend d’Elena Ferrante

Elena ferrante my brilliant friend 1

Les couvertures américaines, assez roman à l’eau de rose

Le fait que tout le monde parle de cette saga m’a donné envie de fuir sa lecture. J’ai fini par me laisser convaincre suite à l’écoute de l’épisode du podcast The Cut on Tuesday sur l’auteur et l’engouement autour des livres, au cours de laquelle une femme disait qu’elle enviait celles qui n’avaient pas encore lu ces romans.

J’ai donc recommencé à essayer de lire le premier roman, intitulé My brilliant friend dans la traduction en anglais, L’amie prodigieuse en français.

Vous connaissez sans doute l’histoire, j’arrive après tout le monde – le premier tome est sorti en 2010 : on suit deux amies dans le Naples populaire, des années 50 à nos jours. On comprend rapidement que si le roman met en scène deux amies proches, le thème est aussi la face sombre de l’amitié, à savoir la rivalité entre elles.

Est-ce que j’ai bien aimé ? Oui ! La lecture est fluide, rapide, il n’y a pas de détails encombrants, pas de lyrisme qui appesantit l’histoire. On parle à peine du Vésuve, pas besoin, on est à Naples un point c’est tout ; la violence du quartier, des parents et des proches est décrite comme un fait.

J’ai mis sans doute 2 bons romans avant d’être complètement portée par l’histoire, mais la lecture est tellement facile, car en très grande partie linéaire, que je ne me suis jamais ennuyée. Qu’on le présente comme un roman sur l’amité m’a fait le même effet que présenter Belle du Seigneur comme un roman sur l’amour : c’est tout ce que l’amitié est et n’est pas qui est exposée, comme Belle du Seigneur était tout ce qu’une histoire d’amour est, même dans ses aspects les plus moches et inavouables.

Après la lecture de cette saga, j’ai aimé en lire plus sur le mystère de son autrice, le fait qu’Elena Ferrante soit un pseudonyme et qu’elle n’est pas envie de dire qui elle est.

Et pour la touche Etats-Unis, il est un tout petit peu question de Boston dans le livre, puis quelques personnages viennent étudier à Harvard – les clichés sur la ville jugée snob et froide ne sont pas épargnés.

Puzzle new yorker

Puzzlophile

Des liens, sans lien entre eux

  • Green Book a gagné l’Oscar du meilleur film… surprenant quand on sait à quel point ce film est controversé. J’ai ri en voyant l’interprétation de Seth Meyers dans White Savior, une paradie de film où le Blanc est toujours là pour se mettre en avant et « sauver » la personne de couleur. A lire aussi, cet article de The Grapevine. Même si le film est plaisant à voir, ne pas ignorer qu’il est problématique est important.
  • Solange a sorti un nouvel album, j’avais adoré A seat at the Table en 2016, que j’écoute encore souvent, c’est avec plaisir que vendredi matin j’ai mis When I get home. – parenthèse : j’adore écouter les commentaires musique dans l’émission Fresh Air, et je réalise à chaque fois que je ne me suis jamais exercée à écrire des critiques de musique – contrairement aux livres, et dans une moindre mesure aux films. Bref, après quelques écoutes, je dirais que j’aime le fait que l’album soit un long fil continu avec tous les interludes : on entre dans l’album comme dans un univers, de fil en fil, de pièce en pièce, et entre les deux on est pris dans des phrases parlées, comme des flash auditifs. J’écoutais l’album en travaillant, la chanson Almeda a « poppé » dans mes oreilles. Un mix de RnB sans doute moins mélodique que le précédent qui reste proche de la perfection pour moi.
  • J’ai regardé une partie de la confession publique de Michael Cohen dans la salle d’attente de la kiné, et c’est principalement le sujet de conversation de la semaine, même si ce qu’il raconte n’est pas nouveau, on est toujours pris dans la folie de « ah ouais, on est en train de vivre ce genre de choses avec ce genre de président ». Crazy. Cet article de The Atlantic revient sur l’ère des scandales et en quoi le témoignage de Cohen est différent du reste.
→ L’article vous a plu, quelque chose à ajouter ? Les commentaires sont là pour ça

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Mathilde

Mathilde

Rédactrice, grande organisatrice et réseau socialite du Blog de Mathilde. Quand je ne suis pas devant un écran, j'organise des visites guidées de Boston, là où j'ai fondé ma petite entreprise Boston le nez en l'air. Je suis aussi auteure de nombreux guides de voyages, de livres de yoga et de jeux chez des éditeurs français. Suivez-moi sur Instagram, Facebook ou Pinterest.

9 réflexions au sujet de “Monday Morning #104 // Le point livre

  1. Très bel article, agréable à lire et riche en informations.
    Cool le vélo dans la neige !

  2. La puzzlophile que je suis a vu la photo, et a immédiatement ouvert une page pour en savoir plus sur cette petite merveille.

  3. Vivant en Italie, j ai découvert et lu l un après l autre les 4 tomes de l’amica geniale il y a 2 ans. J ai adoré et le contexte napolitain y est très bien décrit. Petite correction concernant les couvertures des livres: ce sont les couvertures originales italiennes 🙂 apparemment les américains ont choisi de conserver les mêmes, ce qui est assez rare. En France en effet elles sont différentes, et je préfère personnellement les originales italiennes 🙂
    Ps: pour celles qui ont apprécié la série, une adaptation télévisée est en cours de tournage en Italie. La première série correspondant au premier livre est déjà sortie en Italie et est très bien Faite. L adaptation française est déjà disponible en DVD.

    • Merci pour la précision sur les couvertures !J’ai aussi vécu en Italie pendant un an – il y a longtemps, j’ai adoré lire à nouveau sur Naples que j’aime beaucoup – et toute la région.
      Est-ce que tu parles de l’adaptation sur HBO ? La première saison est déjà sortie aux ETats-Unis, pas spécialement envie de la regarder, je suis juste allée voir qui avaient été castées comme actrices

  4. Bonjour Mathilde,
    Un Monday Morning toujours intéressant et qu’on prend vraiment plaisir à lire!
    Personnellement j’avais bien aimé les 2 premiers tomes d’Elena Ferrante mais j’ai complètement décroché au 3ème que j’ai trouvé plus poussif…
    Concernant Greenbook, j’avais envie de le voir mais cette analyse du « Blanc qui sauve la personne de couleur » m’a refroidi… Merci de nous faire découvrir ces articles!
    Très bonne continuation!

    • Merci Morgane !
      Pour moi que c’est l’inverse avec Elena Ferrante, j’ai préféré les années adulte, j’en discuterai volontiers cela dit !
      *
      Si le sujet t’intéresse, un documentaire vient de sortir sur le « vrai » Green book, un guide de voyage pour les personnes de couleur pendant les années de ségrégation, par Yoruba Richen

  5. Je ne connais pas l’artiste Graciela Iturbide mais tu m’as donné envie de la découvrir 🙂 Et j’aime bien l’idée du livre qui mélange photos et BD.
    Sinon le vélo dans la neige ça ne doit pas être évident non? 🙂
    J’adore le puzzle de The New Yorker!
    Bonne semaine!

    • Le livre – et surtout l’artiste – valent le coup qu’on s’y intéressent !

      Pour le vélo, promis, la ville est déneigée 😀 c’était juste une « aire de jeux »

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