(Backstage #7) Course-poursuite contre l’orage pendant la mousson en Arizona

Chiricahua Arizona-1

Backstage : ces photos de road trip qui ne racontent pas toute l’histoire
On revient toujours de vacances avec de belles photos comme des trophées des aventures passées. Mais derrière certaines photos, il y a parfois des histoires pas toujours très glamour, parfois marrantes, parfois gênantes, ou complètement flippantes. Et ce sont finalement souvent les meilleurs souvenirs de voyage, ceux qui restent et qu’on adore raconter. Pendant tout le mois d’août, du lundi au vendredi, retrouvez une de ces histoires « backstage ».

Backstage, épisode 7
Course-poursuite contre l’orage

☞ La photo ci-dessus nous montre un paysage de hoodoos, des formations en pierre au sud de l’Arizona, mais au-delà du cliché des paysages sauvages, remarquez bien le gros nuage sombre : on a pris cette photo en état d’alerte orage.

Quand : août 2015
Lieu : Chiricahua, au sud de l’Arizona
L’article de blog : Arizona Dream, le cœur de pierres de Chiricahua

J’ai déjà écrit 6 articles dans cette série Backstage, et je n’en ai pas encore écrit un seul avec comme toile de fond la météo, le sujet le plus banal du monde. Il faut que je remédie à ça.

5 mètres à peine séparent notre voiture garée dans son emplacement de la tente plantée au milieu des bois. On court s’abriter dans notre abri de plastique, ça ne dure que 3 secondes pour traverser, juste le temps de se faire arroser le dos copieusement. Il pleut, et ce soir, on campe.

On est au sud de l’Arizona, dans le parc de Chiricahua (il faut le répéter 2-3 fois avant de savoir le dire) dans une région sujette à la mousson en fin d’été. On m’avait pourtant prévenue, mais mon cerveau n’imprimait pas la réalité que recouvrait : « mousson en Arizona en fin d’été », un peu comme quand j’ignore dans la rue les gens qui annoncent la fin du monde ou le retour de Jesus. Mais là, maintenant, dans mon abri de fortune au milieu des bois, je réalise que la mousson n’est pas seulement un phénomène météo réservée à l’Asie du sud-Est.

Il est donc 19h35, il fait noire, la pluie est violente, les coups de tonnerre font trembler le sol. Faisant preuve d’un sang-froid qui me dépasse encore aujourd’hui (à l’époque je n’avais toujours pas reçu ma première médaille décernée par mon app de méditation), j’ai mis mes boules Quiès et ciao, je me suis endormie en deux minutes dans mon sac de couchage. Grâce au camping, j’ai l’excuse de me coucher super tôt dès qu’il fait noir « Je suis le rythme du soleil ». Quant à Manu – il me le dira le lendemain – il est au taquet pendant deux heures : il a l’impression que la tente va s’envoler à cause des bourrasques de vent, et qu’elle risque de prendre l’eau, il s’imagine qu’on va se retrouver au milieu d’une rivière, flottant dans notre tente. Moi, je vis littéralement l’expression « après moi le déluge » et me réveille comme une fleur aux premiers rayons du soleil vers 5 heures, je sors lire mon bouquin dans la forêt qui sèche et s’éveille. I woke up like this, dirait Beyonce.

Le dimanche matin, on part randonner, une marche qui débute tout en haut de la montagne – on nous a déposé en navette – et qui descend jusqu’au visitor center, en passant par des champs de hoodoos. C’est absolument sublime, sauf que le ciel s’assombrit au fil de la matinée, et que l’orage se met à gronder au loin. On n’est absolument pas protégés, tout là haut sur le sommet de la montagne, ce n’est pas du tout safe si j’en crois mes vagues restes de physique. On passe à côté des pans de forêts calcinée : la menace est réelle. Heureusement, les 12 km de marche sont principalement en descente, on marche d’un très bon pas, et en se faisant poursuivre par l’orage. En arrivant tout en bas, on y a échappé. No drama.

Comme toute histoire de météo, cette mésaventure n’a pas d’autre chute qu’une chute « météo » : on retrouvera l’orage tous les soirs dans la région – après Chiricahua, direction à Tucson. At least, ça nous a fait de beaux couchers de soleil.

chiricahua arizona

▶ Rendez-vous demain pour l’épisode 8 de la série « Backstage » où on verra qu’il est parfois compliqué de trouver à manger dans des coins reculés le soir après 20 heures.

Rédactrice, grande organisatrice et réseau socialite du Blog de Mathilde. Quand je ne suis pas devant un écran, j'organise des visites guidées de Boston, là où j'ai fondé ma petite entreprise "Boston le nez en l'air". Je suis aussi auteure freelance pour un éditeur de guides de voyage et diverses maisons d'édition qui me confient la lourde tâche de divertir le public via des textes sur le yoga ou des jeux de société.

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5 Commentaires

  • Répondre 9 Aug 2017

    odrey

    oh yah ! on sera là le 14 octobre…quand j’avais lu ton road trip, j’ai noté l’endroit ! j’espère pas avoir de pluie…incroyable que tu aies dormi comme un bb ! trop hâte d’y aller ! merci encore pour la belle lecture ce matin ! !

  • Répondre 9 Aug 2017

    Nicolas

    J’aime bien cette « série d’été », c’est très bien raconté, avec beaucoup d’humour (comme toujours, mais c’est admirable de savoir gentiment se moquer de soi-meme). Merci pour ces sourires quotidiens!

  • Répondre 9 Aug 2017

    Carole

    Situation identique vécue dans le désert australien, sauf que l’orage était bien là et que nous étions tout en haut de King’s Canyon, bien exposés aux éclairs. Fort heureusement nous sommes tous rentrés sains et saufs mais nous avons terminé la balade au pas de course.

  • Répondre 10 Aug 2017

    lambert

    Voilà un blog formidable, qui me rappelle moults souvenirs, et qui me permet de préparer nos futurs road-trip à moto
    Bravo, continuez à distiller ainsi l’American dream

  • Répondre 11 Aug 2017

    Constance

    L’horreur, l’orage en camping et en montagne. Je me souviens d’une randonnée avec mes parents au Monténégro où, arrivés sur le col, on distingue et on entend clairement l’orage qui se rapproche beaucoup trop vite. On commence à sentir les gouttes et mon papa, en bon grimpeur et randonneur, se met immédiatement à chercher les grottes les plus proches dans la montagne. Finalement on aura juste marché de plus en plus vite et éviter la tempête de peu.

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