(Backstage #6) L’ennemi invisible

Crane Beach Massachusetts Nouvelle Angleterre

Backstage : ces photos de road trip qui ne racontent pas toute l’histoire
On revient toujours de vacances avec de belles photos comme des trophées des aventures passées. Mais derrière certaines photos, il y a parfois des histoires pas toujours très glamour, parfois marrantes, parfois gênantes, ou complètement flippantes. Et ce sont finalement souvent les meilleurs souvenirs de voyage, ceux qui restent et qu’on adore raconter. Pendant tout le mois d’août, du lundi au vendredi, retrouvez une de ces histoires « backstage ».

Backstage, épisode 6
L’ennemi invisible

La photo nous montre une plage de l’océan atlantique bordée par des dunes recouvertes d’herbes folles, mais au-delà du cliché, il y a un ennemi invisible qui y sévit pendant l’été : la mouche mordeuse.

Quand : juin 2012
Lieu : dans le Massachusetts, en Nouvelle-Angleterre
L’article de blog : Ipswich, Crane Beach et donut

Je vis en Nouvelle-Angleterre depuis plus de 5 ans maintenant, et on pourrait croire que cette région qui allie campagne et océan, collines et petits villages historiques, est complètement inoffensive. Les ennuis commenceraient dans les grands espaces sauvages de l’ouest. Hélas, si seulement c’était vrai. Ceux qu’on peut considérer comme des ennemis, voire des dangers, dans la région du nord-est américain sont quasiment invisibles, et par conséquent très vicieux : les moustiques, et autres bugs en tous genres.

Une de nos premières sorties train + vélo au nord de Boston avait pour destination finale la plage, en traversant fermes et marais. En fin d’après-midi, assise sur ma serviette face à la mer, une mouche s’est mise à me tourner autour non stop, et alors que je cherche à la chasser, elle reste collée à ma jambe. En partant, elle arrache un petit bout de peau. Aïe. Je viens de rencontrer la mouche mordeuse à tête verte, une greenhead fly. Nom latin : Tabanus nigrovittatus.

Sur la route du retour jusqu’à la gare, on pédale en profitant de la douceur de fin de journée, mais en mode inquiet : un essaim de ces mouches nous suit, et dès qu’on s’arrête prendre une photo, elles nous rattrapent. On a 10 km à faire, alors on roule un peu plus vite en se marrant, mais pas trop quand même. Des gens sur le bas-côté nous font signe – ils nous ont entendu parler français, et c’est parti pour 5 minutes de conversation, tout en ayant les jambes qui s’agitent frénétiquement pour chasser les insectes importuns.

A la gare, la configuration est pire que jamais : il fait nuit, chaud et humide, on attend sur le quai éclairé par des lampadaires, sous les lumières desquelles les moustiques grouillent. On fait des aller-retours pour tenter de les semer, sans succès. Une fois dans le train, la clim à fond apaise la sensation de chaleur des jambes piquées par les moustiques et croquées par les mouches vertes. Je me gratte, entre souffrance et délectation. 50 shades of bugs.

La semaine avant cet incident, on était dans les White Mountains, toujours en Nouvelle-Angleterre. A la recherche d’un spray anti-moustiques, nous étions confrontés au dilemme de prendre soit du « Deet » qui contient des produits chimiques prêt à éradiquer toute la population animale dans un rayon de 50 cm autour de soi, soit des trucs bio qui sentent bons, mais à l’efficacité relative. Dans les montagnes où on allait, c’était la saison des « black flies », les mouches noires. Certains récits lus sur des forums de randonnée et confirmés par un collègue étaient affolants : les gens décrivaient des visages boursouflés par les piqures. Manu a même acheté des filets de protection à accrocher à un chapeau, type filet d’apiculteur, qu’on n’a finalement jamais utilisé.

Quand je suis en road trip dans l’ouest américain, je continue de lire les mesures de précaution sur comment réagir en cas de rencontre inopinée avec un ours, un puma, un cerf, un troupeau de bisons, des chèvres des montagnes ou des serpents, mais l’ennemi véritable reste à mon avis tout petit, furtif et discret. Comme on le lit sur les panneaux anti-mouches, moustiques et autres : They are vicious.

mousticometre en floride

Vu en Floride : un mousticomètre
▶ Rendez-vous demain pour l’épisode 7 de la série « Backstage », où on verra comment se lancer dans une course-poursuite contre l’orage dans une randonnée qui s’éternise.

Rédactrice, grande organisatrice et réseau socialite du Blog de Mathilde. Quand je ne suis pas devant un écran, j'organise des visites guidées de Boston, là où j'ai fondé ma petite entreprise "Boston le nez en l'air". Je suis aussi auteure freelance pour un éditeur de guides de voyage et diverses maisons d'édition qui me confient la lourde tâche de divertir le public via des textes sur le yoga ou des jeux de société.

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11 Commentaires

  • Répondre 8 Aug 2017

    Anne

    C’est l’un de mes pires souvenirs au Canada, ces moustiques…

  • Répondre 8 Aug 2017

    Margot

    Hahahaha, je comprends TELLEMENT! Au Québec, notre première sortie d’été en forêt a été écourtée au bout de 5 minutes après un véritable RAID sur nous. Je n’avais jamais vu ça, ça attaquait sans discontinuer de tous les côtés, l’horreur! #jamaissansmonantimoustique

    • Répondre 10 Aug 2017

      Mathilde

      Les fourbes.
      Il y a souvent des panneaux pour prévenir du niveau des potentielles attaques, mais je trouve que c’est toujours sous-estimé !

  • Répondre 8 Aug 2017

    Camille

    Ce printemps en Floride, nous visitions les Everglades et sommes passés dans la zone où les anti-moustiques sont testés aux USA, tant le lieu est propice à ces empêcheurs de tourner en rond. Ce jour-là, il y avait peu de moustiques, according to le panneau au visitor centre. Du coup, on s’est lancés dans une petite randonnée… qui a duré environ 20 secondes, le temps de courir à la voiture tant nous nous sommes faits attaquer par ces petits chenapans de moustiques. Et moi qui d’habitude suis du genre à dire d’un ton nonchalant « nan mais t’sais j’me fais jamais piquer ». Gros retour à la réalité 😉

    • Répondre 10 Aug 2017

      Mathilde

      Oh je ne savais pas qu’il y avait une telle zone !! L’horreur
      Là où j’ai pris la photo du mousticomètre je me suis aussi retrouvée à retourner super vite à la voiture, j’étais assaillie de touts les côtés.

  • Répondre 9 Aug 2017

    isa

    Da Rhode Island, j’avais eu la bonne idée de camper à côté d’un swamp (mais il était tard… en référence à ton 1er article !).
    J’ai ete tellement dévorée malgré l’anti-moustiques, que j’étais sous un choc allergique. J’ai dû finir la soirée dans la voiture pour me remettre !
    À noter : ces petites saloperies piquaient à travers hoodie+tee shirt ou chaussettes de rando+converses. Grrrrr

    • Répondre 9 Aug 2017

      Mathilde

      Horrible !!
      Mais oui ils piquent à travers les habits ! D’ailleurs je crois qu’il est conseillé de s’asperger de lotion anti-moustique par-dessus les vêtements !

  • Répondre 9 Aug 2017

    Marie-Agnès

    Erik Orsenna a écrit « Géopolitique du moustique, Plus précis de mondialisation IV » Il a été interviewé et je viens d’acheter ce livre, pour la plage avec du « cinq sur cinq zones tempérées ». A +

    • Répondre 9 Aug 2017

      Mathilde

      Je sais pas si ce serait mon premier choix pour un livre de plage, mais il faudra que tu me racontes ça, je peux toujours changer d’avis…

  • Je ne savais pas que la greenhead etait « disponible » jusqu’en MA! C’est des vrais saloperies sur les plage du NJ, hier encore j’en ai claquee une que j’ai vu se poser et pourtant j’ai quand meme une belle piqure. J’ai l’impression que l’antimoustique ne marche pas sur elles!

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