J’ai cherché du travail // Partie 1

Job poster

De la procrastination à la motivation. Si travailler était une seconde nature quand je vivais à Paris, je m’en suis bien déshabituée après 7 mois d’expatriation sans travail régulier. Je me demande même comment je faisais quand j’allais tous les jours au boulot. Je me suis complètement faite à cette nouvelle vie, qui ressemble à des vacances prolongées remplies de hobbies. Mais dans un sursaut de sérieux, un jour, je me suis attaquée à un point de ma to-do list jusque-là laissé à l’abandon : Chercher Un Boulot.Quand on a sérieusement envisagé l’idée de partir aux Etats-Unis, la chose la plus dure pour moi a été de lâcher mon boulot. J’étais effrayée à l’idée de quitter mon CDI : élevée dans la foi de la réalisation de soi par le travail, ça me semblait inenvisageable de partir à l’aventure sans boulot de prévu. Mais l’idée de l’expatriation a fait son chemin, et puis démissionner a un certain côté jouissif – je crois que j’ai répété mentalement la scène de démission des dizaines de fois, en variant l’intonation, le port de tête, etc. pour finalement quitter mon job de façon complètement non dramatique, avec même la larmichette à l’œil. Puis tout s’est enchaîné très vite, et je me suis retrouvée à Boston un soir de début janvier, par -15° avec mon mec qui était désormais devenu mon mari.
Mais qu’est-ce que je foutais là ?

Manu avait goûté à 6 mois de chômage avant de partir, transition entre deux boulots. Cette période « d’absolu bonheur » (je cite) lui avait permis d’améliorer son coup droit au tennis et de développer ses compétences en matière de bons petits plats maison. Forte de ce modèle, je me disais que je pouvais sûrement en faire autant : j’ai donc commencé par aller au yoga presque tous les jours, je me suis mise activement au blog, puis j’ai rencontré quelqu’un avec qui bosser l’anglais, et enfin j’ai trouvé une association pour enseigner le français à des enfants.

De temps en temps, c’était tempête sous un crâne : « qu’est-ce que je vais écrire comme expérience sur mon CV : oisiveté ? ». Et puis aussi, question d’ego, je n’aimais pas répondre à cette question récurrente Et sinon, tu fais quoi dans la vie ?  Je ne savais pas quoi dire, et ça, ça me foutait la rage.

Bridget dans son PJ

J’ai rattrapé mon retard des dernières
saisons de True Blood, ce n’est pas « rien faire ».

Mi-mai, j’ai reçu mon autorisation de travail. J’étais contente et rassurée. Mais au fond, j’avoue, je me disais Ah zut… c’est fini les vacances. Tout en continuant ma vie de déglingos de la glandouille, je me suis mise à retravailler mon CV. Pour être efficace, j’ai d’abord testé environ 10 polices de caractère, puis j’ai essayé de traduire mes diverses expériences, les études, etc. Et là, j’ai eu envie de mourir.

Clueless - Cher's penEst-ce que j’utilise de l’encre noir ou bleue marine pour imprimer mon CV ?

A la fin de cette rude journée, j’avais abattu un boulot monstre : au moins 4 candidatures envoyées. J’étais lessivée, mais honnêtement, je n’y croyais pas trop. Pourtant, quelques jours après, j’ai reçu une réponse par mail d’une boîte qui semblait intéressée par ma candidature. Ni une ni deux, je me suis complètement emballée : je me voyais déjà aller bosser là-bas, remettre des talons, faire des pauses cafés avec mes nouvelles copines et, surtout, claquer tout mon salaire en une après-midi de shopping.

Working GirlFaudra que je dise à mes potentielles futures collègues
que le lait de soja dans le café latte : c’est niet.

Mais là, une nouvelle épreuve m’attendait, écrite noir sur blanc à la fin du mail : je devais passer un entretien. En anglais. Par téléphone.

On the phone

Non, je ne sais plus ce que j’ai fait entre 2001 et 2002.

Challenge accepted.
A suivre dans le prochain épisode : Mes 10 conseils pour un entretien d’embauche

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Mathilde

Mathilde

Rédactrice, grande organisatrice et réseau socialite du Blog de Mathilde. Quand je ne suis pas devant un écran, j'organise des visites guidées de Boston, là où j'ai fondé ma petite entreprise Boston le nez en l'air. Je suis aussi auteure de nombreux guides de voyages, de livres de yoga et de jeux chez des éditeurs français. Suivez-moi sur Instagram, Facebook ou Pinterest.

20 réflexions au sujet de “J’ai cherché du travail // Partie 1

  1. Bonjour Mathilde,

    Je suis moi aussi aux USA depuis aout dernier et ai enfin recu ma fameuse EAD ! Je fais parti des quelques % d’expat où seul ma femme travaille pour le moment sous visa E2, j’ai donc aussi un E2.

    Cependant, je suis dans la région de Rochester (upstate NY) et je galère à trouver du boulot, il semble que l’EAD fasse peur et on m’annonce souvent que les poste sont pour les « US Citizen or greencard holder only).
    As-tu eu le même problème ? Comment le contourner ?

    • Hello !
      Il y a certains boulots dans l’administration ou le milieu académique qui exigent d’être des résidents permanents. On ne m’a demandé ma carte de travail qu’au moment de finaliser le contrat, la RH n’en avait jamais vu, mais ça n’a pas posé de problème. Bon courage pour ta recherche d’emploi !
      Et please, il y a plein de cas où la femme est le moteur du changement (j’essaie de rester positive malgré les résultats des élections).

  2. Bonjour Mathilde,

    Je suis tombé sur ton blog un peu par hasard et j’aime beaucoup son contenu. Voulant moi même avec mon chéri partir vivre aux USA je voulais savoir comment toi et ton mari aviez trouvé du travail avant de partir? Sur quel site avez vous cherchez … Car actuellement sera me parait casiment mission impossible 🙁

    Je te remercie 😀

    • Hello Laetita,
      Manu, mon conjoint, a contacté individuellement de potentiels employeurs, en cherchant labo après labo, et moi j’ai cherché du travail en arrivant.
      Ce n’est pas facile en effet… good luck,

  3. Je m’attendais pas à une telle réactivité !
    Ah d’accord, j’ai fait une petite recherche et je vois de quoi tu parles ! Et ce visa a une durée de validité ? Que devez-vous faire lorsqu’il arrive à expiration ?
    Merci de ta réponse ! 🙂

    • oui, les visas ont des durées limitées et sont renouvelables selon conditions. il y a beaucoup de cas de figure donc à voir directement avec l’avocat qui s’occupe du dossier, je ne suis pas experte sur tous les visas.

      • D’accord merci pour tes réponses ! 😉 Bonne continuation ! Moi je continue ma lecture 🙂

  4. Salut ! ça fait quelques jours que j’ai découvert ton blog et j’y passe pas mal de temps à te lire 🙂 J’avais des questions par rapport à ton expatriation et à tes débuts aux USA :
    Comment as-tu pu partir aux USA sans travail de prévu ? Et donc comment as-tu pu vivre sans travailler pendant un moment ?!
    On m’a toujours dit que partir vivre aux USA c’était mission impossible, car il fallait trouver un bon travail qui nécessite des études pour pouvoir travailler là-bas quand t’es étranger, sinon c’était au revoir !
    Et enfin, comment as-tu réussi à rester là-bas autant de temps ? Tu renouvèles ton visa de travail souvent, comment cela se passe t-il ? Car il me semble que pour être presque certain de pouvoir faire sa vie aux USA, il faut se procurer la « Green Card ». Sinon, visa à renouveler tous les 2 ans avec limitations au niveau du travail et un renouvellement pas forcément accepté.
    J’arrive un peu tard avec ce commentaire mais j’espère que tu le liras ! 🙂

    • Je suis partie avec un visa que j’ai eu via mon conjoint qui a lui-même obtenu un visa par son travail : un visa de dépendant, c’est très courant ! Et ensuite j’ai demandé une autorisation de travail.

  5. En tout cas, je suis ravie que tu ai découvert la valeur du non travail et que tu en profites!

  6. Un petit conseil du Docteur Francyne : essaie de rouler les « R » en anglais, ça fait toujours un peu exotique…en tout cas la lecture de ce blog ressemble de plus en plus à un scénario de série…prochainement après l’ entretien d’embauche le plus déjanté de l’année, vous pourrez lire le récit du premier jour du premier job de Mathiiilde à Boston !!!!
    Encore merci pour ces instants de lecture qui sont un peu ma récré après le boulot…

  7. Et encore tu attaque rapidement !! Ca fait deux ans que je suis là et je n’ai toujours pas trouvé le courage d’envoyer des candidatures, trop peur de passer des entretiens en anglais ! Bon en même temps j’ai passé deux ans à préparer un BTS avec le CNED, ce n’est pas rien faire ^^ ! Bon courage 😉 !

    • Moi je suis là que deux ans, donc vaut mieux que je cherche quelque chose dès maintenant…
      Merci pour les encouragements en tout cas !

  8. Ah ! L’entretien telephonique… Tout un poeme ! Je garde un souvenir… vivace de celui passe pour venir ici, c’etait epique !
    Pour le boulot, je ne sais pas faire sans, c’est presque maladif… J’ai deteste mes huit mois de chomage entre la these et le post-doc. Mon LeGB, en revanche, a profite a fond de ses quelques mois sans travailler ici (j’ai d’ailleurs bien ri en lisant la description de votre arrivee : la meme, ou presque, pour nous : juste maries, frigorifies -mais au mois de juillet- et completement paumes…)
    Vivement la suite !

    • Je ne pensais pas être capable de vivre sans travail, et pourtant jusque là ça m’a réussi. Ca doit être valable qu’à certains moments et dans certaines circonstances…
      Mais bon, clairement, pas « rien » pour toujours.

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