Est-ce que le voyage est vraiment une coupure avec la routine ?

Mathilde Road trip Utah-1

Mais oui ! vous allez me répondre spontanément. I’m not so sure about this though.


« A quoi tu penses ? » me demande Manu sur une ligne droite interminable dans le Nevada. « Je pense au boulot… » Je lui réponds d’un ton dépité, comme si c’était l’échec absolu des vacances de penser au travail alors qu’on est au milieu d’un désert, avec en face une vue sur des montagnes, et la prévision d’une soirée dans un endroit isolé à deux pas d’un parc national splendide.

On parle souvent du voyage comme d’un moment de coupure avec le quotidien : on sort de son cadre, on ne fait plus la même chose, on s’habille et on mange différemment, on se lève quand on veut (ou presque). Le temps s’étire différemment. Il y a encore des impératifs insidueux pourtant : il faudrait vivre à 100% des aventures nouvelles et dépaysantes, se sentir libre, ne pas s’encombrer de tout ce qui nous agace dans la vie « normale », la vie quotidienne.

Pourtant, en vacances, au milieu des canyons ou de 400 km de route, il m’arrive de penser au travail, aux soucis, aux choses qui m’ont préoccupée pendant l’année. Tout ne s’évapore pas parce que je pars à des milliers de kilomètres, que je transpire par 40°C et que je dors dehors sous une tente. Mon tempérament anxieux (entre autres) me suit partout, et mieux vaut que je l’accepte au lieu de lutter. Plutôt que de considérer ces moments où « non ! catastrophe absolue, j’ai pensé au travail ou à [truc chiant] » comme un échec ou une incapacité à « let it go », j’écoute ce que ça me raconte. C’est beaucoup moins vrai dans les séjours très courts, les week-ends, où j’ai à peine le temps d’arriver et de visiter que c’est déjà fini. Souvent, la coupure est nette, la remise dans le bain instantanée également.

Le voyage – par les longs trajets en voiture, road trip oblige, et les randonnées dans la nature, me plonge souvent un dans un état méditatif, et qu’est-ce que je fais quand je médite ? Eh bien je ne pense pas à rien, mais j’observe ce qui affleure : qu’est-ce qui vient à la surface quand je n’ai plus rien à penser, quels sont les sujets qui me tiennent à coeur ? S’ils sont là, c’est qu’il faut les résoudre ou en tout cas y penser un peu, alors, j’y pense et j’en parle. La coupure, ce serait qu’avec la distance et le changement de décor qu’implique le voyage, j’y pense un peu plus sereinement, car je me suis, petit à petit, débarrassée des couches inutiles pour revenir à ce qui compte vraiment.

Il n’y a pas de coupure, fondamentalement, même si, comme en témoigne la photo en haut de cet article, ce n’est pas tous les jours de l’année que je me réveille face à une vue aussi incroyable. Tout est un flot, je suis toujours la même en voyage, et pourtant, je reviens un petit peu transformée quand même.

Je reviens souvent de vacances avec les idées un peu plus claires. I’m back bitcheez.

La suite, lundi.

Cet article a été écrit dans l’avion du retour pour Boston, c’est tout frais ! Je continuerai de poster sur Instagram les dernières photos compte-rendu du road trip dans l’ouest, venez me suivre si ce n’est pas encore le cas ! Merci à ceux qui ont laissé des petits mots au fil de l’eau !

Rédactrice, grande organisatrice et réseau socialite du Blog de Mathilde. Quand je ne suis pas devant un écran, j'organise des visites guidées de Boston, là où j'ai fondé ma petite entreprise "Boston le nez en l'air". Je suis aussi auteure freelance pour un éditeur de guides de voyage et diverses maisons d'édition qui me confient la lourde tâche de divertir le public via des textes sur le yoga ou des jeux de société.

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6 Commentaires

  • Répondre 13 Sep 2017

    Odrey

    Contente de te lire ce soir !

  • Très sympa ce petit article! Je suis d’accord avec toi même si le fait de changer d’air me vide les 3/4 du temps la tête :)
    Je trouve que le voyage permet un recul sur nos tracas du quotidien, on relativise plus facilement et comme tu l’as dit très justement, si nos soucis nous suivent c’est qu’il faut qu’on les résolve, c’est souvent en prenant de la distance qu’on trouve des solutions.
    Bonne soirée,

    Bisous

  • Répondre 15 Sep 2017

    Carole

    Bonjour! Je peux te demander où a été prise la photo en tête d’article? C’est superbe!

  • Répondre 18 Sep 2017

    Anais

    cette photo est magique!
    j’imagine que la liaison entre les voyages et ton travail font que le décrochement total est difficile.
    bonne reprise!

    • Répondre 18 Sep 2017

      Mathilde

      Merci Anaïs ! En fait ce voyage n’a aucun lien avec mon travail, c’était mes pures vacances, pas d’obligation de rien du tout. Mais on passe tellement de temps en voiture ou à marcher que parfois l’esprit divague…

  • Je comprends ! Moi aussi je m’emmène en voyage donc je reste qui je suis… Mais j’avoue que je coupe quand même pas mal avec le quotidien, surtout avec mon quotidien de maman (mêmes si mes filles sont du voyage, ça n’a rien à voir avec mon quotidien hors vacances). Heureusement (que je coupe) sinon j’aurais déjà pété un plomb ! 😉

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