De la (non) productivité

productivite

Ceci est une réflexion décousue sur ce qui fait que la productivité, ça marche un jour, et moins le lendemain, et puis ça reprend plus tard


Lundi soir. 
Je commence la semaine par mes Grands Objectifs de la semaine : rédiger un nouveau chapitre d’un bouquin en cours – projet n°1, commencer à rédiger un livre dont le contrat a été signé il y a quelques mois (je n’ai pas encore commencé, et c’est le moment où je me mets à stresser de quand et comment je vais bien pouvoir le faire) – projet n°2, et préparer des jeux pour les enfants lors de mes visites guidées, mini-projet n°3.

Mais la première journée de la semaine est un échec en matière de productivité. Entre coups de fil, procrastination, je suis en plein : USELESS DAY, je n’ai rien avancé. Je me demande, pour la 150è fois comment bien, voire mieux travailler, et je sens que cette semaine, je ne peux pas rester chez moi, il faut que je travaille ailleurs, comme si changer de lieu allait être la clé de mon succès.

Le soir, j’ai rendez-vous dans un chouette bar à cocktails, Brick & Mortar. J’adore sortir le lundi, ça me donne l’impression de ne pas suivre une routine plan-plan (dit la fille qui aime dîner à 18h). Je retrouve ce soir-là une copine qui a vécu à Boston il y a quelques années, avant de partir en Australie, et finalement s’installer aux Pays-Bas. Elle est allemande, d’origine roumaine. Autrement dit, ça va parler voyages, et mode de vie. « T’en es où ? T’as des amis ? C’est quoi tes plans ». Ce genre de discussions de déracinés/d’expat. Ca fait plaisir de la retrouver. On est plusieurs autour de la table, une copine de copine me demande comment je fais pour vivre mon mode de vie alternatif. Je suis un peu surprise (je ne suis pas José Bové non plus) ; voyant mon air surpris, elle précise sa demande ‘I mean, you don’t have a 9 to 5’ (tu n’as pas un job régulier, de 9h à 17h comme on dit aux Etats-Unis). C’est vrai que d’avoir un job salarié par rapport à un freelance+business donnent 2 visions de la vie – au quotidien et sur le long terme presque irréconciliable.

Mardi. Je passe la journée à travailler à la bibliothèque, je change de table toutes les 2h (sans m’être dit de faire ça, mais dès que la motivation baisse, je fais une mini-pause changement de lieu), ça me permet de rester concentrée. Je ne travaille 3 x 2h : soit 6 heures intenses : j’ai l’impression d’avoir abattu un boulot de fou : la satisfaction est maximum ! Le soir à la gym, aucun poids ne me résiste dans ma session de squats. Buya !! 

Mercredi. Il fait trop chaud pour travailler chez moi, aujourd’hui ce sera boulot dans un café, ça fait un moment que j’avais repéré Loyal Nine. Les 20 minutes de vélo pour y aller sont super agréables, et ce café agréable et ouvert dehors invite au coworking des temps modernes (j’en ai parlé ici). Mais j’écoute mes voisins de table, et j’ai du mal à rester concentrée, je regarde mon téléphone toutes les 5 minutes (non, 2). L’après-midi, ma collaboratrice Anaïs me rejoint pour le déj, mais on passe l’après-midi entière à discuter. Productivité : en berne. 

Jeudi. Journée de travail bien studieuse comme je l’aime : j’ai prévu de déjeuner avec une copine le midi histoire de couper la journée et d’intéragir avec une personne humaine (et pas seulement mon ordinateur). Couper la journée comme ça me motive : productivité : en mode cruise.

Le soir, soirée de filles. On parle de la semaine de 4h (doux rêve). En rentrant vers minuit, j’ai envie de regarder un épisode de Orange is the new black. Ça aussi (les séries), c’est un frein à ma productivité, mais je me dis que si c’est tard le soir ça ne compte pas…

Vendredi. Dans un café, à l’intérieur, pour profiter de la clim à fond (le froid aide à me concentrer, la chaleur m’encourage à zoner). Je commence par relire ce que j’ai écrit la veille. Quand j’ai des dates de remise de texte pour « dans longtemps » je m’efforce d’écrire au fur et à mesure, mais parfois j’ai du mal à voir l’intérêt de commencer trop tôt, tant je suis happée par les exigences du quotidien. A la fin de la journée, j’imprime 10 pages du chapitre que je devais écrire. Et la satisfaction est au max. I did it!

Samedi. Journée de visites pour mon projet n°1, un projet en cours très prenant et que j’adore. J’aime avec plusieurs facettes de mon multi-job, quitte à travailler le week-end.

Dimanche. Le matin, je termine de finaliser les jeux pour les enfants proposés dans la visite de Boston – c’est mon projet n°3, j’imprime, je découpe, j’assemble. Et c’est parti, je sors pour une longue visite de Boston sous le soleil et dans la chaleur. Je ne sais pas si la petite fille aura aimé son jeu spécialement fait pour elle (il était tout griffonné à la fin) mais moi ça me fait une première bonne étape et un « c’est fait ». Rien de pire pour saper ma productivité que de ne jamais rien finir.

Vers 17h, je rentre chez moi. La semaine est terminée, je ferai mes nouveaux objectifs de la semaine demain matin (c’est mon Monday Morning perso). Je suis contente d’avoir pour une fois vraiment avancé sur projet 1,  2 et 3. Je n’ai toujours pas de clé infaillible : changer de lieu de travail ? sortir avec des amis tous les soirs ? aller au yoga pour couper ou commencer la journée ? ou parfais zapper le yoga pour rester concentrée ? Ce que je sais, now, c’est que ce soir, dimanche à l’heure où j’écris ces lignes, je retrouve mes amis chéris pour la soirée Game of Thrones. Avoir un dimanche soir festif, c’est aussi le gage d’une vraie bonne coupure.

cet article (en anglais) développe le thème des difficultés de l’absence d’emploi du temps fixe et de l’impression 1- d’avoir toujours la possibilité de faire plus 2- la difficulté à séparer le temps de travail du reste ; la solution de l’auteur : se créer un agenda de travail (les freelances et autre business people se reconnaîtront sans doute)

Bon début de semaine à tous, et si vous avez la recette miracle pour la Productivité de la Muerte, je prends

Quelques nouveautés sur le blog de Mathilde :

cadeaux anniv field notes cocktail trip harmonica

Nouveautés d’anniversaire (oui, je me mets à l’harmonica !)

☞ J’écoute People Under The Stairs, le podcast de Garance Doré m’a enfin fait acheté le livre de Esther Perel (son Ted Talk est juste awesome).

La plage

La saison de la plage a commencé
cocktail

Petit cocktail d’après-midi
lobster roll

Lobster Roll
manu

Manu fait des photos (des belles photos)
tattoo sherlock

Idée cadeau
yoga

A l’avance au yoga

Vous pouvez aussi me suivre sur Snapchat @mathildeyes Instagram @mathildepit

Rédactrice, grande organisatrice et réseau socialite du Blog de Mathilde. Quand je ne suis pas devant un écran, j'organise des visites guidées de Boston, là où j'ai fondé ma petite entreprise "Boston le nez en l'air". Je suis aussi auteure freelance pour un éditeur de guides de voyage et diverses maisons d'édition qui me confient la lourde tâche de divertir le public via des textes sur le yoga ou des jeux de société.

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10 Commentaires

  • Répondre 27 Jun 2016

    tania

    slt c’est tout un challenge de tenir les délais, bosser de chez soi ou pas. Pour l’instant, je n’ai jamais expérimenté. Je ne sais pas si j’y arriverai à moins de trouver de nombreuses astuces. Mon grand problème est que je suis la reine de la procrastination. Qui sait un jour! Pour l’instant, je suis salarié à temps plein. Bon le blog a eu aussi à subir cette manie qu est la procrastination. Je suis en plein de dans, je repousse depuis plusieurs semaines l’écriture d’un article sur la suite de mon voyage au Brésil

    • Répondre 29 Jun 2016

      Mathilde

      après quand il y a des dates de remise de projets, ça motive 😀

  • Et oui pas toujours facile quand on n’a pas un « 9 to 5 » ! 😉
    Je connais trèsss bien le problème. Parfois je suis très fière de moi (très productive), parfois (souvent…) je me demande comment je peux être si peu productive en une journée ! Je me détourne si facilement de mes obligations (e-mail, téléphone, lessive en route, petit creux, petit thé..)…

    • Répondre 27 Jun 2016

      Mathilde

      Je réfléchis toujours à la meilleure solution possible, trouver le bon équilibre pour avancer, etre contente de moi, mais aussi « profiter » du reste. Certains jours sont tout pourris, d’autres, je suis the queen of the petrole.
      Bises !

  • Répondre 27 Jun 2016

    Lucie

    Je note que tu travailles tous les jours de la semaine. Beau rythme. Je me pose un peu les mêmes questions à propos de la productivité (cette année j’ai été prof avec peu d’heures, je fais aussi de la rédaction freelance et je vais avoir des échéances d’écriture aussi pour mon projet n°1 à moi)

    • Répondre 27 Jun 2016

      Mathilde

      J’aimerais bien ne pas !! Mais avec les visites guidées pendant l’été, mon emploi du temps est très variable. Je varie entre travail à faire tout de suite maintenant (les visites) et les projets d’écriture à semi-long terme, avec remise de manuscrit en octobre… mais sur lesquels il faut quand même bosser à l’avance.
      J’ai du mal à ne pas bosser en semaine, même quand je bosse en fin de semaine aussi ! Parfois je me dis que je devrais prendre un jour par-ci, par-là, mais je crois que c’est « l’angoisse » du freelance qui revient (on peut toujours faire plus !). Heureusement, il fait beau, et ça a un certain côté relax de bosser dans un café ou à la bibliothèque. L’article en anglais que j’ai linké parle bien de ça.
      Bises et bon courage pour tes projets !

  • Répondre 27 Jun 2016

    Lucile

    As-tu essayé les espaces de coworking ? Je suis traductrice freelance et je rencontre les mêmes difficultés + l’isolement me pèse beaucoup à la longue alors je me rends très souvent dans un espace de coworking : ambiance très sympathique et motivante, avec la possibilité de travailler dans un espace calme et de rejoindre l’espace convivial pour faire une pause, échanger avec les autres, etc. C’est vrai que ça a un coût mais les bénéfices le compensent largement. :)

    • Répondre 27 Jun 2016

      Mathilde

      J’ai regardé les différentes options à Boston oui, mais je trouve ça encore très cher (les prix sont plus élevés qu’en France il me semble). J’envisage de le faire pour les mois d’hiver où j’ai moins de travail à l’extérieur (comme guide) et plus de boulot d’auteur !
      Merci du tip, et cool de savoir que tu as trouvé ton équilibre par ce biais !

  • Répondre 27 Jun 2016

    Céline

    Hello,
    Alors cela ne va pas résoudre ton problème de productivité variable… mais comme tu me rassures !!! Je me sens moins seule !
    C’est tout simplement impossible d’être à fond tout le temps en bossant chez soi… trouver la motivation en permanence, ne pas se laisser distraire : par des coups de fil, des mails, des enfants, des animaux, des machines à étendre, des courses à faire – oui ça prend moins de temps en semaine aux heures creuses, au milieu de la journée – et toutes les personnes qui pensent que l’on est facilement disponible parce qu’à la maison !!! hahhaha :)
    Bref, j’admire quand même tout ce que tu parviens à faire en même temps. Le blog, les visites, les guides, les jeux, les livres., la vie sociale… wahouuu c’est plus que pas mal !
    Sinon, les jours où je suis « out », où rien n’y fait… je laisse tomber et je vais prendre l’air 😉 Moins frustrée, je m’y remets mieux après !!
    Quant à l’espace de co-working, je n’en ai aucun proche de chez moi, je me vois mal faire plus d’une heure de transport pour y aller, j’y perdrais un gros bénéfice de la vie de free.
    Bises

    • Répondre 29 Jun 2016

      Mathilde

      hé oui, ça vaut le coup d’en parler pour moins se sentir seule ! #connexion
      J’aime bien varier les lieux de travail, même si parfois ça déconne (hier, arrestation dans la bibliothèque où je travaillais, mec au téléphone, couple qui papote…) !

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