(California) Les grands séquoias au parc Redwood

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Avant de devenir un prénom d’enfant hipster, le séquoia était juste le nom d’un arbre, soit un arbre très gros, soit un très grand, qui ne pousse que dans certaines régions des Etats-Unis, là où il fait chaud et un peu humide à cause du fog (la brume), et jamais trop froid : alias la Californie du Nord. Cet été, on road-trippait en Oregon et après être passé par Crater Lake, on s’est demandé : on fait quoi après ? Notre road-trip n’est jamais bien défini à l’avance, ce qui est à la fois source de liberté mais surtout de questionnement perpétuel, et après Crater Lake donc, on s’est dit que ce serait sympa de descendre dans la Californie voisine pour se promener dans le parc des Redwoods (ces fameux grands séquoias), ou voir le parc Lassen, avec des trucs volcaniques bizarres mais qui, parait-il, sont super beaux.

Manu aurait voulu tout voir, mais hélas, on était à court de temps, et on a opté pour aller uniquement dans les belles forêts de séquoias. J’avais gardé un excellent souvenir des séquoias de Mariposa Grove à Yosemite et le parc dédié aux séquoias géants dans la Sierra Nevada. Et puis, comme chacun le sait : « les forêts, c’est beau », Lassen, ce sera pour la prochaine fois. C’est donc un road trip dans l’Oregon avec un peu de Californie dedans, via le parc Redwood, que je vous propose aujourd’hui.

On avait très rarement accès au réseau de téléphone pendant ce voyage (un mélange de forfait T mobile qui ne marche bien qu’en ville, et le fait qu’on était vraiment « nulle part »), et quand on a cherché « que faire à Redwoods Californie », eh bien il n’y avait pas grand chose. Notre guide papier était dédié uniquement à l’Oregon. Ce qui nous a sauvé, c’est la carte routière. Eh oui, c’est magique ce bout de papier où on peut voir où sont les visitor centers et les campings.

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Le camping qu’on visait était déjà complet quand on y est arrivé, un peu avant 19h. En plein dans la forêt, ça sentait super bon ! Mais il a fallu repartir : c’était vendredi soir, premier soir d’un week-end de 3 jours avec Labor Day le lundi. On s’est retrouvé au motel, le Anchor Beach Inn*. Il n’était pas super sexy et, à part sa vue (de loin) sur l’océan, ne présentait aucun intérêt (je pourrais vous parler du dessus de lit « petites fleurs bleues » matelassé pour vous convaincre de la non-beauté du lieu). C’est notre premier motel des vacances, ça fait l’affaire pour une nuit, et ça fait toujours un peu road trip de dormir dans ce genre d’endroits. La ville où on se trouve ce soir-là, Crescent City, n’est pas super belle non plus, c’est juste une ville-rue avec des motels de tous les côtés. Le soir, on mange dans un mexicain, super bon cela dit !

Samedi matin, au motel. Au buffet de l’hôtel, il y a le fameux Appareil à Gaufre, comme dans tous les motels, et on fait la queue pour s’en faire une. A la télé, c’est Donald Trump qui raconte des conneries, déjà.

La première étape de la journée, c’est de parler à un ranger au centre d’info du parc. On tombe sur un ranger qui s’y connait à fond : on lui dit qu’on aimerait bien camper la nuit prochaine, voire même faire du bivouac. On est venu avec nos gros sacs de randonnée, et ils n’ont pas encore servis depuis le début du voyage : notre camping cred est en jeu. Il nous suggère une randonnée pas très longue et qui se fait super bien en bivouac « vous pourrez toujours en faire plus si vous êtes motivés ». Il nous faut un permis de camper pour le camping sauvage et un code pour ouvrir la barrière de la route d’accès à la randonnée. Ça a l’air un peu secret !

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Notre permis de camping au milieu du parc des Redwoods, c’est gratuit, mais indispensable !

Le ranger nous explique aussi comment « fonctionne » le parc des Redwoods. C’était l’info qui nous manquait avant de partir.

Redwoods est à la fois un parc d’Etat et un parc national, ce qui peut juste sembler n’être qu’une différence de mots fait toute la différence en pratique : la forêt de séquoias n’est pas un seul ensemble protégé et pour laquelle on s’acquitte d’une entrée à régler une bonne fois pour toute, c’est plutôt plein de petits morceaux de forêts. Il n’y a pas que des séquoias, il y a aussi le littoral au bord de l’océan Pacifique qui est protégé, et des curiosités, comme le canyon des fougères géantes. Bref, ici, bien plus que dans d’autres parcs, passer par le visitor center est indispensable : pour regarder une carte, et demander des conseils sur comment vraiment en profiter, selon ce qu’on aime faire.

Une route scénique au milieu de la forêt de Redwood

On baisse les vitres de la voiture, ça sent super bon, et on lève la tête, tandis qu’on roule à 25 miles/heure. C’est haut.

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Au bord de l’Océan Pacifique

La parc Redwood est juste au bord de l’Océan Pacifique, et quand on peut s’en approcher, les vues sont sublimes. Il y a un camping sur la plage, avec très peu de places, on n’a même pas essayé d’en avoir une. (le nom du camping si ça vous intéresse : Gold Bluffs Beach Campground)

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Redwood Creek
Bivouac au cœur de la forêt des Redwoods

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En début d’après-midi, nous arrivons à l’entrée du chemin qui va nous emmener au cœur de la forêt des Redwoods. Il y a 2 types de ces arbres : les grands, et les gros. Les Redwoods sont les grands séquoias, à l’écorce rouge sombre, tandis que les séquoias géants sont les gros, volumineux, à l’écorce plus brune. Ce qui a de fascinant avec ces arbres, c’est à quel point ils sont vieux. Certains sont millénaires. Ça m’épate.

On ouvre la barrière avec le code que nous a donné le ranger, l’accès à cet partie du parc est contrôlée, il y a un nombre limité de codes distribués par jour. En voiture, on descend le sentier poussiéreux : toute la poussière gris-blanc a recouvert les fougères sur le côté, on se croirait dans une sorte de forêt de revenants.

Quand on arrive tout en bas du sentier, après une dizaine de kilomètres, le parking est plein à craquer ! Moi qui pensais qui puisque l’accès était limité on serait peu nombreux, je me suis trompée. On prépare nos sacs à dos, qu’on remplit du matériel de camping, de quoi manger en sachets lyophilisés, et surtout de l‘eau pour plus de 24 heures. C’est la première fois depuis des années que je fais du bivouac, le dernière fois, c’était dans les Vosges, et j’avais 25 ans. Je suis excitée comme une puce, et en même temps, je me demande si on est capable de faire ça. Manu a souvent mal au genou, et je m’imagine toujours devoir le porter jusqu’à la voiture s’il arrive quelque chose, ou, de façon plus réaliste, le laisser sur le côté et aller chercher des secours all by myself.

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Pour arriver à la clairière où se trouve le cœur de la forêt, Redwood Creek, un sentier pédestre descend lentement en lacets. En marchant tranquillement, ça nous a pris 1h20 pour arriver à la clairière, très dense. C’est là qu’on trouve tous les arbres, les plus vieux et les plus grands : on est au creux d’une vallée, et de l’autre côté des collines, c’est l’océan Pacifique. Les arbres ont trouvé ici un micro-climat : il y a souvent de la brume, les séquoias adorent ça et grandissent paisiblement.

Pour la photo de droite, Manu me dit : va te mettre dans le trou ; mais moi j’ai pas envie, il fait tout noir et je suis sûre qu’il y a plein d’araignées géantes

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Tapis de fougères et arbres géants
L’écorce sombre et pas lisse des séquoias

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La première chose qu’on fait en arrivant en bas, dans la clairière, c’est d’aller trouver notre camp, le Camp 44. Il reste 1 mile (1,6 km) à parcourir pour y arriver, à partir de la rivière. Cette partie de la forêt est beaucoup plus sombre et humide, et il y a plein de moustiques. Après avoir monté la tente, on se demande ce qu’on peut faire. Je n’ai pas pris mon livre (trop lourd), on n’a qu’à marcher, à nouveau. On redescend dans la clairière pour mieux explorer cette forêt, mais cette fois, sans nos gros sacs à dos, c’est beaucoup plus simple. Il est tard dans la journée, et on croise de moins en moins de monde. Mais on croise Le Couple de Touristes sous-équipés (un classique du parc national) qui a peur de ne pas arriver à temps au parking. Ils sont en tongs, sans eau, avec des fringues cools pour faire de belles photos. (Je n’ai aucune chute à cette histoire, je suppose qu’ils ont réussi à retrouver leur voiture, ou alors ils font partie maintenant de l’Esprit de la Forêt).

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Petit déj et dîner lyophilisés, achetés chez REI et Starbucks : léger à porter, facile à préparer car ils ne demandent pas beaucoup d’eau, et plutôt bon !

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On est prévenu : il y a des ours. Mais le vrai problème, ce sera surtout les moustiques.

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De retour dans la clairière après avoir monté la tente, et on dirait que j’ai rétréci et que je fais 2 cm de haut, mais c’est tellement les arbres à l’arrière sont immenses !
La lumière de fin d’après-midi

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Forêt ancienne qui, par endroits, rappelle la forêt de Hoh dans l’Etat de Washington

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On ne l’a su qu’après, mais on aurait pu camper au bord de la rivière ! Il aurait sans doute fait moins froid que là haut dans la forêt (en repartant le lendemain, on a croisé à cet endroit une famille de Savoyards venus explorer le nord de la Californie. Ils dormaient 2 nuits au bord de la rivière).

Le soir, au camping, je mets 2 couches de collants, mon bonnet et ma fine doudoune car c’est envahi de moustiques qui piquent à fond ! Après avoir fini de manger et fait une mini-partie de pendus (#fun), on se résout à se réfugier dans la tente, même s’il est encore tôt.

A côté de nous, on a deux groupes de voisins : un couple, un peu plus loin, et des jeunes qui dorment dans des hamacs-sacs de couchage, accrochés entre les arbres. Ça me rassure qu’il y ait avec nous un peu de monde au milieu des bois, tant que ça reste calme. J’aime bien camper, pour le plaisir d’être dans des endroits inaccessibles autrement, mais je ne suis pas à 100% rassurée. Malgré tout, je cède vite au sommeil et en me disant : qu’importe les bêtes et les humains à proximité, je suis trop naze. Bye.

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Camp 44, dans la forêt
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Bivouac avec mon vieux sac Quechua
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Attaque de moustiques : on se couvre

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Un petit déj matinal, et on repart

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Petite pause avant la montée, on ne se lasse pas de regarder ces arbres gigantesques

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Fern Canyon
Fougères en folie

Après être remontés à la voiture (longue remontée, mais avec des sacs un peu plus légers que la veille), on repart sur la route, direction le canyon de la fougère, Fern Canyon en anglais. Steven Spielberg est venu filmer ici des scènes pour son Jurrassic Parc 2. On aime les canyons, et on aime les fougères, Steven Spielberg est cool : on y va.

Il y a un monde incroyable sur les routes, et une longue file de voitures à l’entrée. On trouve par chance une place sur le parking bondé et la promenade commence. A nouveau, se retrouver au milieu de plein de gens après l’isolement de la nuit passée ne me réjouit guère. Les photos ci-dessous sont mensongères : c’était blindé de monde… avec juste un tout petit peu de répit par moments.

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Les fougères ont recouverts les murs verticaux du canyon qui suintent d’eau, il y a un ruisseau qui coule au fond, et plein de bois mort. La marche consiste à escalader le bois, se faufiler entre les branches et faire attention à ne pas glisser : c’est ludique.

Récap’ de ces 2 jours au parc Redwood, en Californie

  • Le site officiel du parc des Redwoods
  • On est passé par 2 Visitor Centers (adresses sur le site du parc), où on a acheté une carte précise de la zone où on a randonné et campé, et où on a obtenu le permis gratuit pour camper dans la nature + le code d’accès à la route pour y arriver
  • Le motel du premier soir, au nord du parc : Anchor Beach Inn*, 880 Us Highway 101 S, Crescent City, California (* c’est un lien affilié, si vous réservez cet hôtel via ce lien, je touche une commission, de votre côté, ça ne coûte pas plus cher)
  • La deuxième nuit, on était au camping : le Camp 44, qui n’a que 4 places, c’est premier arrivé premier servi, avec un permis à demander dans un des visitor centers. Idem pour tout camping sauvage dans la zone du parc. Faire du feu est interdit.
  • Infos sur le canyon de la fougère, situé cette fois dans le parc d’Etat des Redwoods, il faut payer un autre droit d’entrée (la carte des parcs nationaux n’est pas acceptée)
Redwoods california cartes postales

☞ Aller ou pas dans ce parc si on a déjà vu des Redwoods ailleurs ? J’avais vu ces grands séquoias ailleurs, dans la région autour de Santa Cruz et dans le parc Muir Woods, au nord de San Francisco. Ce parc Redwood vaut le déplacement pour les superbes promenades mais il a un côté un peu fouillis car il est en plusieurs morceaux. C’est tout de même très sauvage, et il y a de quoi y passer 2-3 jours voire bien plus si on aime les forêts et l’océan. A voir donc !

Road trip dans l’Oregon
(avec un petit bout de Californie)

Résumé des épisodes précédents : le road trip dans l’Oregon a commencé à Portland, on a ensuite suivi la route scénique le long de la rivière Columbia, où on s’est arrêté voir des cascades ; après avoir fait une randonnée autour du Mt Hood, un volcan, on est passé par le Smith Rock, paradis de l’escalade, puis on est arrivé au Painted Hills, des collines colorées. Le jour suivant, on a beaucoup roulé pour arriver au Hells Canyon, et après 2 jours dans ce canyon, le plus profond des Etats-Unis, on est reparti en direction du sud-est de l’Oregon vers les Steens Mountains et le désert d’Alvord. Deux jours plus tard, on est reparti vers l’ouest, direction du parc national de l’Oregon, connu pour ses eaux bleu : Crater Lake National Parkoù on a eu la chance de faire un tour en bateau sur les eaux bleues. L’étape suivante, c’est le parc des Redwoods, une petite escapade hors de l’Oregon, en Californie du Nord. 

 

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Etes-vous déjà allé au parc Redwood ? Quelles randonnées ou tour en voiture avez-vous fait ? Si vos impressions de ce parc sont complètement différentes, partagez-les en commentaire !

Rédactrice, grande organisatrice et réseau socialite du Blog de Mathilde. Quand je ne suis pas devant un écran, j'organise des visites guidées de Boston, là où j'ai fondé ma petite entreprise "Boston le nez en l'air". Je suis aussi auteure freelance pour un éditeur de guides de voyage et diverses maisons d'édition qui me confient la lourde tâche de divertir le public via des textes sur le yoga ou des jeux de société.

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4 Commentaires

  • Répondre 15 Dec 2016

    Sarah

    Les photos sont absolument magnifiques ! Je n’imaginais pas qu’on pouvait voir de tels paysages dans cette partie des USA :-) Et moi non plus, je n’aurais pas été très rassurée d’aller dans le trou de l’arbre 😉

  • Répondre 15 Dec 2016

    Marie

    Les photos sont tellement incroyables !! Je n’arrive pas à m’imaginer que ces arbres sont aussi vieux… et ton récit me fait revivre l’ambiance des road-trips aux USA : les vieux motels au bord de route, les nuits dans les bois, les repas nature… dommage qu’il y ai eu autant de monde sur votre route !

  • Répondre 16 Dec 2016

    Charlotte

    Merci pour l’article et l’info du camping.
    Ca l’air assez intimiste.
    Du coup, un parc ajouter dans ma bucketlist :)

  • Répondre 19 Dec 2016

    Ophélie G.

    Je me répète au fil des commentaires, mais qu’est-ce que c’est beau ! Autant j’adore les plages et l’océan, autant la forêt me semble magique. xx

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