
Jeudi, deuxième jour de road trip. On descend le long de l’interminable autoroute 395. C’est une longue route droite, encaissée entre deux longues chaînes de montagne. Vers 18 heures, on passe un col et on entre dans une première vallée désertique, la Panamint Valley : il n’y a rien d’autre à voir que de la roche rouge, à perte de vue. La chaleur est écrasante, le ciel bleu ; un nuage traîne à l’horizon. On traverse cette vallée sur une étroite route, qui s’étale à nouveau, droite, infinie ; des deux côtés, il n’y a rien du tout, c’est le désert. Et puis on passe un deuxième col. Aucun nuage ne peut plus franchir cette double barrière de montagne. Nous y voilà, on entre dans la Vallée de la Mort. La réputation lugubre de la Vallée associée à la beauté de ces lieux désertiques nous transporte tout de suite dans une atmosphère intimidante… Ici, personne ne nous entendra crier.
La vidéo de la Mort…
La Death Valley, quelques mises en garde. La réputation de la Death Valley n’est plus à faire : il fait très chaud et très sec. En 1929 et en 1953, il n’a pas plu une seule goutte pendant toute l’année. Le record de température est de 128°F (54° C) et 200°F (93°C) sur le sol… Du coup, on imaginait que nos tongs fondraient sur le bitume brûlant, et qu’on ne devrait pas s’éloigner de la voiture à moins de 10 mètres sous peine de déshydratation instantanée, et fatale. Les amis qui y sont passés ont tous des anecdotes effrayantes, et les guides regorgent d’histoires morbides. La plus connue, et la plus ancienne, c’est celle des « 49 premiers perdus » de la Vallée de la Mort.

En 1848, de l’or a été découvert en Californie, et tout le monde se rue à la conquête de l’Ouest. Les premiers pionniers à partir, « les 49 premiers » partirent de Salt Lake City, en Utah, et se retrouvèrent, après déjà moults péripéries et raccourcis mal choisis, en plein cœur de ce qu’ils nommeraient ensuite la Death Valley, car elle allait coûter la vie à un membre de l’équipée, et aux ânes de leur caravane dont ils se sont repus pour survivre.

On était prévenu : pour lutter contre l’extrême chaleur, il fallait de l’eau. Avant d’entrer dans la Valley, on avait acheté 4 gros bidons d’eau (qu’on a mis dans le coffre, histoire que l’eau chauffe bien). On a rempli le réservoir d’essence pour éviter la panne sèche. On avait même un atlas routier dans la voiture, en cas de panne de GPS, car « dans la Death Valley, ne faites pas confiance à l’électronique ». Pour notre première traversée du parc, en fin de journée, on a préféré éteindre la clim pour que la voiture ne surchauffe pas, et on a roulé les fenêtres grandes ouvertes. Il était 19 heures, il faisait 35°, l’air était sec, mais c’était supportable. Le samedi matin on s’est levé tôt pour visiter à la fraîche la vallée. C’était la bonne idée des vacances, car on n’a pas vraiment souffert de la chaleur, c’est dommage pour la petite histoire, mais c’était du coup sympa à vivre. On ne s’est tout de même pas risqué à faire de la rando’.
Qu’est-ce qu’on va voir ? On pourrait se demander ce qui nous a poussé à visiter l’endroit le plus chaud, le plus sec et le plus bas des Etats-Unis. En fait, dans le désert, il y a pas mal de curiosités naturelles à découvrir…


Mesquite Flat Sand Dunes. Le sable est chaud, j’enlève mes tongs, on court dans les dunes de sable blanc au milieu des montagnes désertiques (au mépris des règles de sécurité – il aurait pu y avoir des bébêtes, types scorpions, serpents à sonnettes, veuves noires…). L’accès aux dunes étant relativement aisé, pas mal de films ont été tournés ici, comme certaines scènes de Star Wars (quand C-3PO et RD2D sont perdus dans le désert de Tatooine – si vous êtes fans, le tour complet de la Death Valley, par des guides en costumes, c’est ici). Il y a d’ailleurs une liste impressionnante de films et de séries tournées dans la Death Valley.


Après ce premier aperçu de la Death Valley, on rejoint notre motel en roulant de nuit jusqu’à l’Atomic Inn de Beatty, dans le Nevada. Le motel est rétro, à la gloire des essais nucléaires qui ont eu lieu près d’ici (928 essais en 40 ans). Après le virus mortel de Yosemite, la chaleur de la Death Valley, c’est au tour des irradiations de Beatty de menacer la quiétude et la joie de nos vacances.
Vendredi, vers 6 heures du matin. La ville de Beatty de jour semble plutôt triste ; en face du motel, on voit des caravanes miteuses, des terrains vagues, un vieux saloon. Un peu d’Amérique profonde, on n’en voit pas tous les jours. On commence notre tour de la Death Valley, à Furnace Creek, où on va prendre un café dans un bar surclimatisé. Cet oasis au milieu du désert – avec tout de même un golf – est vraiment à la gloire de la dépense énergétique. Furnace Creek était réputé autrefois pour ses mines de borax, on peut d’ailleurs admirer un ancien wagon, tiré à l’époque par vingt mules, qui servait à transporter le minerai jusqu’au chemin de fer le plus proche.
Après ce court préambule, on reprend la voiture en direction du Golden Canyon, mais personne n’est vraiment partant pour une randonnée par 90°F (à part Manu).


Badwater, encore un nom lugubre, comme la plupart des endroits ici. C’est le point le plus bas des Etats-Unis, 86 mètres sous le niveau de la mer (voir le panneau ci-dessus, accroché dans la roche, en face de l’immense bassin). Le sol de Badwater a une allure spéciale : quand il pleut, au printemps, le bassin se remplit d’eau, qui s’évapore petit à petit, créant une surface saline bien lisse, comme dans les marais salants. Avec la chaleur qui continue d’assécher les cristaux, la surface se brise pour former des carreaux irréguliers (ce qu’on pensait voir – c’est ce qu’on voit sur toutes les photos de Badwater d’habitude). Peu à peu, tout continue à se briser et le sol devient plus chaotique, comme s’il avait été labouré (et c’est finalement ce qu’on a vu).


En roulant sur une superbe petite route sinueuse à sens unique, l’Artist’s Drive, on arrive à la Palette de l’Artiste. Sur la façade de la montagne, des couleurs surprenantes révèlent des gisements de minéraux féreux, qui se sont teintés sous l’effet de l’oxydation (le fer devient rouge, le mica devient vert et le manganèse, violet). On part se promener pendant 10 minutes pour s’approcher un peu de cet étrange point de vue. Et toujours, seuls, le silence.


On monte en haut de Zabriskie Point pour admirer un point de vue : on découvre un paysage lunaire. Certains le comparent à des pieds de géants, d’autres à des racines d’arbres, et d’autres, plus imaginatifs, y voit un gros gâteau (je suis dans la team gateau, of course). C’est un paysage de crevasses, issues d’une très ancienne érosion. Léonore en profite pour nous raconter le film du même nom d’Antonioni.

Puis on monte un peu plus haut encore, jusqu’à la Dante’s View. On en profite pour faire une petite promenade au sommet, le long d’une crête. Le sol est tout rouge, le chemin est étroit. On s’assied en haut, quelques minutes, pour admirer ce panorama, le plus spectaculaire qu’on ait eu sur la vallée. En bonus, l’air est un peu plus frais, comme on est en altitude. On voit en contrebas le Terrain de golf du diable, où, comme son nom l’indique, seul le diable pourrait jouer au golf : les formations de sel créant une texture rugueuse impraticable.

J’ai adoré cette étape extrême, unique et spectaculaire. Il y aurait plein d’autres choses à voir dans la Death Valley : c’est tout de même le plus grand parc des Etats-Unis (plus grand que Yellowstone). L’expérience doit être très différente de venir en hiver, quand il fait plus froid, ou après qu’il a plu : la végétation est alors florissante dans la vallée. Mais ce phénomène est très rare…
Vers midi, on repart, on remet la clim et nous voilà en route pour la prochaine destination : Las Vegas ! Du silence au chaos urbain.
Oh lala le voyage de REVE !!!!!
Hâte d’y aller aussi !!!
chouette photo !!!!
xx
magnifique !!
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Mon moment préféré cette Death Valley et j’ai participé à la dépenses d’énergie en logeant au Furnace Creek lol.
Génial, votre video est très très réussie j’adore cette chanson c’est quoué déjà ?
Super résumé, je voudrais bien me faire ça l’année prochaine.
Merci pour vos messages les filles ! La musique c’est C2C.
ça semble lunaire de penser qu’il y avait de l’eau avant !
Magnifique photos !
J’avais tellement lu de commentaires que j’ai stressé tout le monde en partant de Las Vegas avec obligation de faire le plein d’essence et de bouteilles d’eau !!!!!
La chaleur te tombe dessus en descendant de voiture et demande une adaptation mais expérience à vivre !
Impossible de randonnée pour nous !!
Super, magnifique, souffle coupé par ces photos MAGNIFIQUES !